img
Un jardin botanique

Au sein du bois de Vincennes, le Parc Floral de Paris a été créé en 1969 par l'architecte Daniel Colin à l'emplacement des anciens établissements militaires de la Pyramide et de la Cartoucherie pour accueillir les troisièmes Floralies internationales de Paris. Outre les spectacles, les concerts, les expositions et les jeux pour enfants, ce jardin de 30 ha offre de très riches collections végétales en extérieur et en pavillons, d'intérêt national, voire international, une palette de paysages sans cesse en mouvement où plantes horticoles et sauvages vivent en harmonie.
Le Parc Floral et l’arboretum de Paris à l’Est de la capitale, le Jardin des Serres d’Auteuil et le Parc de Bagatelle à l’Ouest, sont les 4 sites du Jardin Botanique de Paris agréé « Jardin Botanique de France et des pays francophones ». D’une surface totale de 73 ha, ces quatre sites rassemblent plus de 15 000 espèces et variétés botaniques et horticoles réunies en collections.

La cédraie

Contournons par la droite la Maison du Parc et du Bois, lieu d'information, de vente de documents et d'expositions temporaires. Derrière, se dresse un impressionnant cèdre de l’Atlas (Cedrus libani ssp. atlantica), originaire des montagnes d’Afrique du Nord. Ce conifère, qui peut atteindre 40 mètres de hauteur, se reconnaît à la couleur vert-bleuté de ses bouquets de petites aiguilles.
Discret mais très sculptural, un petit pin rouge du Japon tabulaire (Pinus densiflora ‘Umbraculifera'), sur la pelouse, expose un tronc tortueux rouge- brun. L'espèce d'origine, le pin rouge du Japon, un des pins les plus communs là-bas, a donné naissance à plus de 90 variétés, très utilisées pour faire des bonsaïs. Celle-ci ne dépasse pas 5 mètres. Encore plus petit, son voisin, le pin mugo (Pinus mugo) atteint à peine 3 mètres, avec ses jolies branches tordues et rampantes.

Le sous bois

Dans le sous-bois, dès la fin mars, pointent crocus et primevères tendres et anémones d'un bleu-violet.



Le milieu forestier, découpé en deux îlots - une cédraie et une chênaie - limite le phénomène d'îlot de chaleur, rafraîchissant l'atmosphère.
Les milieux forestiers du Parc floral, au même titre que les deux bois parisiens, sont des puits de carbone. Ils participent à la réduction de l'effet de serre, en piégeant le CO2, responsable du dérèglement climatique. La qualité de l'air est meilleure dans les bois du fait de leur éloignement des sources de pollution, ils participent également à son amélioration en captant notamment une partie des particules fines en suspension.


A l'orée du milieu forestier

Prenons sur la gauche l'allée des Pins qui mène à une mare où sont observés régulièrement des martins pêcheurs (Alcedo atthis). Ces as de la plongée, au plumage étincelant, bleu vif sur le dos, roux sur le ventre, y pêchent leurs proies, insectes aquatiques ou petits poissons. Elle est aussi le lieu de rendez-vous galant, en mars-avril, des grenouilles rousses (Rana temporaria) qui se terrent dans les sous-bois sombres et humides le reste de l'année. Ces grenouilles diffèrent des grenouilles agiles par leurs pattes arrière beaucoup plus courtes.
Sur la droite, la petite allée pavée, bordée d'une collection de fougères se tache au printemps du blanc des narcisses et du rose violet des hellébores.
Un magnifique hêtre commun (Fagus sylvatica) déploie ses racines sur le chemin. Principale essence des forêts européennes après le chêne, le hêtre croît à l'abri de celui-ci qui filtre la lumière par son feuillage épars et lui laisse suffisamment d'humidité. À Paris, le climat sec lui est peu favorable, il représente toutefois près de 9% des arbres des bois où il fût planté. Cette essence vit 150 ans en moyenne, exceptionnellement 300 ans. Son fruit, la faîne, apprécié des espèces sauvages comme des animaux domestiques, peut servir de succédané au café, une fois grillée.

Following stage