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Canal Saint-Martin

Long de 4,5 km dont plus de 2 km souterrain et profond de 2 m, le canal Saint-Martin, relie le bassin de la Villette au port de l'Arsenal. Sa construction a été décidée en 1802 par Bonaparte avec le canal de l’Ourcq et le canal Saint-Denis, pour faciliter la navigation et approvisionner Paris en eau potable. Durant la seconde moitié du 19ème siècle, les travaux de microbiologie (de Pasteur notamment) prouveront que l’eau de rivière est impropre à la consommation et Haussmann décidera la création du réseau d’eau potable actuel, approvisionné par des sources captées à plus de 100 km de Paris. De nos jours, les eaux de sources ou de rivières alimentant notre robinet sont potabilisées dans des usines de traitement. Achevé en 1825, le canal Saint Martin nécessite neuf écluses pour rattraper une dénivellation de 25 m jusqu'au niveau de la Seine. Aujourd’hui, le trafic commercial a beaucoup diminué pour laisser place à une activité  touristique importante surtout liée aux bateaux de transport de passagers mais aussi aux bateaux de plaisance individuels. Le canal fait partie d’un réseau de voies fluviales géré par la Ville de Paris. Parmi les partenaires de la ville,  l'établissement public Voies Navigables de France, (VNF) diffuse pour la ville, les bulletins de navigation (horaires, travaux) sur l’ensemble des canaux. Il gère 6 700 km de voies navigables (exploitation, développement, modernisation) au delà des 130 km entretenus par la ville.
Le canal constitue un axe de circulation majeur pour la faune et la flore sauvages. Cette trame bleue est un atout essentiel que Paris veille à renforcer dans le cadre du Plan Biodiversité.

Moules zébrées

Des colonies compactes de moules d'eau douce (Dreissena polymorpha) aux zébrures beiges tapissent les parois des canaux. Ce sont des proches cousines de la moule marine. Ces colonisatrices s'accrochent par une touffe de filaments appelée "byssus" sur les vélos, coffres-forts, carcasses de lits, motocyclettes et autres objets insolites jetés dans le canal. Ces moules se nourrissent de végétaux et d'animaux microscopiques en suspension dans l'eau qu'elles filtrent au rythme de plusieurs litres par heure. Aux écluses, lorsque le niveau d'eau baisse, elles se referment en "crachant" de l'eau. Elles constituent un met de choix pour certains poissons du canal - gardons, brèmes, anguilles - et pour les écrevisses américaines. Ces mollusques, en provenance de Russie, se sont répandus dans les eaux douces de France au début du 19ème siècle. Très prolifiques et envahissants, ils peuvent parfois boucher les canalisations.

Pierre de meulière

Sur le quai bas, le parapet en pierre de meulière en fond de quai, accueille araignées et fougères. Cette roche sédimentaire siliceuse, caractéristique du sous-sol parisien avec le calcaire et le gypse, fut utilisée à Paris et surtout en banlieue pour la construction des habitations  entre 1880 et 1930.  Sa structure dite vacuolaire, aérée de cavités vides, lui confère un pouvoir d’isolation apprécié. Ces maisons en meulières ornées de céramique, faïence, brique etfer forgé inaugurant l'art Nouveau font partie du patrimoine typique de la région Ile-de-France.

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