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Un corridor de 13 km

Un large point de vue dévoile l'entrée de la Seine dans Paris, qu'elle traverse sur près de 13 km. Longue de 776 km, la Seine, second fleuve de France, prend sa source près de Dijon et rejoint la mer au Havre. La Seine est un corridor écologique identifié au niveau national, une trame bleue majeure. Le fleuve canalisé depuis 1870 dans sa traversée de la capitale, est une voie de migration naturelle pour de nombreux oiseaux et poissons mais aussi  pour les plantes riveraines telles que l’aulne glutineux et l’iris des marais, dont les graines sont dispersées par l’eau. Ce couloir de déplacement permet à un grand nombre  d’espèces  animales de rejoindre d’autres lieux. 
Toutefois, la Seine constitue un obstacle pour certaines espèces animales : des mammifères comme l’écureuil roux ou le hérisson d’Europe ne peuvent la traverser, et certains poissons ne peuvent franchir les barrages et les écluses. Le renforcement de la biodiversité passe par une réduction de cette fragmentation entre les différents espaces, à laquelle veille le Plan Biodiversité de Paris.

Un fleuve poissonneux

La Seine est un couloir de migration pour les poissons, 35 espèces de poissons ont été recensées dans la Seine à Paris durant les 10 dernières années contre 3 espèces en 1970. Parmi ces espèces, 17 s’y sont reproduites, en particulier dans les frayères aménagées.
Depuis l’asphyxie quasi complète du fleuve début  1970, la qualité des eaux  s’est améliorée progressivement avec une très nette  amélioration dans les années 2000. Les stations d’épuration sont plus performantes et plus nombreuses,  le tissu industriel s’est modifié et les rejets sont en partie pré-traités avant de rejoindre le réseau d’assainissement commun. Ainsi le niveau moyen d’oxygénation de la Seine a augmenté de 10 % favorisant ainsi le retour des espèces.



Chaque jour, des centaines de pêcheurs taquinent le poisson depuis les berges de la Seine. Les brèmes bordelières (Blicca bjœrkna) qui apprécient les eaux calmes où elles nagent en bandes sont pêchées régulièrement. Toutefois leur consommation est interdite en raison des polluants accumulés dans leur chair (métaux lourds, plomb, arsenic, polychlorobiphényles ou PCB), une micro-pollution invisible dispersée dans l’eau.
La présence des truites arc-en-ciel (Oncorhynchus mikiss) et des truites fario (Salmo trutta fario) provient de lâchers régulièrement effectués par les sociétés de pêche, mais aussi d'une reproduction naturelle. Celle-ci a lieu seulement en amont de Paris, plus près de la source du fleuve. Les truites aiment l'eau fraîche et oxygénée. Elles font partie des espèces qui ont progressivement réinvesti la Seine depuis l'amélioration de la qualité des eaux. Leur présence signifie aussi le retour  de l’ensemble des petites proies qui constituent leur régime alimentaire. L’étude en cours sur la biodiversité de la Seine et de ses berges élaborant le futur réseau de trame bleue de la capitale, a identifié la truite fario comme « espèce « cible » parisienne », c'est-à-dire représentative de l’habitat « eau vive ». Sa présence indique que ce milieu est favorable à l’accueil de la vie sauvage.

Le transport par voie d'eau

À l'amont du pont règne l’intense activité du port de Tolbiac. Chaque jour, des milliers de tonnes de matériaux et déblais de chantiers gagnent ou quittent la capitale par le fleuve. Plus de 20 millions de tonnes  de marchandises transitent chaque année par l’ensemble des ports  de Ports de Paris, ce qui évite la circulation de plus d’un million de camions en Ile-de-France (le chargement d'une péniche correspond à celui de 250 camions). Ports de Paris est le premier port fluvial français et le deuxième européen. Les camions "bétonneuses" viennent, près du pont de Tolbiac, s'approvisionner en sable et ciment pour les chantiers parisiens. La reconstruction de la centrale à béton selon les normes HQE (Haute Qualité Environnementale) découle de la politique environnementale de Ports de Paris de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Le port de Tolbiac traite chaque année 280 000 tonnes de marchandises, évitant la circulation de 14 000 camions dans les rues de Paris. Le transport fluvial émet 2,5 fois moins de CO2 par tonne transportée que par la route.

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