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Un souffle marin

Pénétrer dans le jardin Atlantique au bout du large passage sous les immeubles.
Perché à 11 mètres au dessus des voies ferrées et à 18 mètres du niveau du parvis de la gare, ce jardin a été inauguré en 1994. Son nom est lié à la destination des trains au départ de la gare Montparnasse, en partance pour l’Ouest. Dessiné par les paysagistes François Brun et Michel Pena, il constitue une prouesse technique. D’une surface de 3,5 hectares, le jardin est posé sur une dalle en béton supportée par douze piles. Pour tenir compte des contraintes de poids, l’épaisseur de terre végétale est limitée à 30 cm sous la pelouse centrale et 1.80 m pour les arbres, un minimum vital pour leur croissance. 130 ouvertures des " trémies " assurent la ventilation de la gare et du parking situés au-dessous. La palette végétale comporte de nombreuses plantes à fleurs bleues et mauves ou à feuillage argenté (lavandes, céanothes, perovskia, agapanthes, bruyères, volubilis, santolines, érigérons, clématites, glycine…) qui rappellent le thème du jardin, l’azur et l’océan.
Un espace vert original dont les végétaux, le mobilier et les lignes architecturales plongent le promeneur « imaginatif » dans un voyage transatlantique.

D'un continent à l'autre

De part et d’autre de l’allée centrale se répondent les arbres originaires du vieux continent et du nouveau monde. Leurs noms sont gravés sur les socles. Platane d'Orient, micocoulier de Provence, chêne de Hongrie, noyer commun sont en vis-à-vis avec leurs homologues américains : platane d’Occident, micocoulier de Virginie, chêne d’Amérique, noyer d’Amérique. Le cèdre, qui n’existe que de notre côté de l’Atlantique, fait face au séquoia, exclusivement américain.



Le noyer d'Amérique (Juglans nigra) introduit en Europe dès 1629 est utilisé pour son bois de qualité et pour sa croissance rapide. Il sert aussi de porte-greffe pour les variétés fruitières du noyer commun (Juglans regia). Il se différencie de ce dernier par ses feuilles composées de nombreuses folioles lancéolées à bords dentés, tandis que celles du noyer commun sont moins nombreuses et plus larges. Froissées, elles dégagent une odeur forte et âcre liée à une substance sécrétée par l’ensemble de l’arbre. Cette toxine limite le développement d’autres végétaux aux abords du noyer. Les noix des deux espèces sont comestibles, mais la coque des fruits du noyer américain est très épaisse, ce qui les rend peu utilisables, toutefois le mulot sylvestre s’en accommode. Ce rongeur solitaire sort la nuit pour se nourrir. Plantes, graines, baies, champignons mais aussi insectes et vers dont il fait des provisions constituent son alimentation. Habile grimpeur, il se déplace aussi par bonds. Malgré son nom qui le lie à la forêt, ce petit mammifère est très répandu dans les parcs et jardins parisiens où il  trouve gîte et couvert.

Labyrinthe touffu

Du côté Est, le promeneur découvre une succession de petits espaces, desservis par des allées et pontons sous le couvert de saules pleureurs et de pins, dont les feuillages font oublier la présence massive des bâtiments voisins. Les pins parasols, peu représentés à Paris, sont bien adaptés à la chaleur et à la sécheresse estivale. Parmi les parterres denses de graminées ondoyantes et de vivaces pousse en coussin le liriope spicata, une vivace originaire d’Asie. Ses feuilles linéaires d’un vert brillant sont surmontées en été de petits épis de fleurs bleues, butinées par les abeilles, bombyles et papillons. Les touffes compactes de grandes graminées zébrées de vert et de jaune de Miscanthus sinensis 'Zebrinus' offrent des cachettes idéales pour les moineaux et les accenteurs mouchets.



Dans les haies, les insectes profitent du nectar des fleurs tubulaires des fuchsias, de l’été jusqu’à l’automne. À cette saison également, les graines contenues dans les « bonnets d’évêque », les fruits du fusain d’Europe, régalent les oiseaux. Deux arbustes fréquents dans les jardins du littoral pour leur résistance au sol chargé de sel ont été plantés dans les haies. L’arroche (Atriplex halimus) un buisson touffu aux feuilles argentées, originaire d’Afrique et le séneçon en arbre (Baccharis halimifolia). Cette plante originaire de l’Est des U.S.A, introduite en France dès la fin du 17e siècle, s’est très bien adaptée à la côte Atlantique au point de devenir une espèce invasive et tend à remplacer la flore locale en formant rapidement des buissons  touffus. De plus son mode de dispersion des graines par le vent facilite sa propagation.



De grands mâts élancés des sculptures de Bernard Vié culminent à 25 m de hauteur en lisière du jardin.
En bordure de la pelouse, le Pavillon des Vagues bleues et le Pavillon des Roches masquent de grandes ouvertures et offrent les seuls points de vue en hauteur sur le jardin. De grandes lames de marbre bleu pour l’un, de granit rose pour l’autre, sont plaquées sur des structures métalliques, dissimulant des locaux techniques et les toilettes publiques.

Solarium

L’île des Hespérides, au milieu de l’allée centrale, attire l’attention sur le ciel et les éléments météorologiques (pluviomètre, anémomètre, baromètre…). Le grand miroir renvoie les rayons du soleil vers le côté Est plus ombragé. Du côté Ouest, le jardin, plus aéré, s’ouvre sur la grande pelouse où des bordures sinueuses évoquent les mouvements de l’océan. La pergola couverte de vigne de Coignet et de glycine, bourdonne en mai d’abeilles attirées par le parfum des fleurs bleu-mauve. L’esplanade en bois évoquant le pont supérieur d’un bateau ou la promenade de Deauville permet de prendre un bain de soleil. Pour les sportifs, en bordure de la pelouse, 5 cours de tennis (gérés par un club) ont été installés.
Après en avoir fait le tour, ressortir du jardin, prendre à droite, traverser le Bd Pasteur.

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